Société des Naturalistes et Archéologues de l’Ain

Réunion 10 avril 2017

Publié le jeudi 13 avril 2017 par Claudette TABARY

Salle bien remplie (26 adhérents) pour assister à la conférence de Pascal Mathieu sur « Sols de l’Ain et Champignons ». Il est vrai que nous l’attendions depuis un bon moment.

Pascal nous présente le sujet sous forme d’un diaporama qu’il commente avec clarté. Nous n’avons pu imprimer de polycop, qui serait trop volumineux, même en mettant 2 diapos par page, et dans cette éventualité, peu lisible. Par contre, avec son autorisation, nous pouvons vous envoyer son travail en PDF, si vous le souhaitez.

Pour ceux qui n’avaient pas ou peu de notion de géologie, ses explications sur la formation des sols était simples, claires, à la portée de tous. Pascal a émis l’idée de faire des sorties sur le terrain pour observer les sols « in situ », à retenir bien sûr.

Pour nous donner une idée, il faut environ 1 million d’années pour que se forme 1 mm de roche ! Et le sol en lui même représente bien peu : un millionième environ du rayon de la terre.

Apparemment, nous pouvons, sans avoir recours à des examens approfondis en laboratoire, reconnaître un sol par des observations simples : vue (couleur) et toucher (pierrosité, texture), pH (avec du papier ruban pH), le test à l’acide qui est imparable sur les sols calcaires, et apprécier le taux de matière organique avec le gradient de couleur allant jusqu’au marron foncé.

Bien distinguer les 2 sortes d’argile : l’argile pétrographique provenant des roches cristallines et l’argile granulométrique provenant des roches calcaires, à grains < à 2 µ.

Les terres très noires ont un fort pourcentage de matières organiques (presque 100%) comme par exemple les tourbières à sphaignes.

Déjà au Moyen Age, les moines, connaissant la nature des sols de Dombes, asséchaient les étangs tous les 3 à 4 ans, puis les "chaulaient" pour alcaliniser l’eau avant de rempoissonner.

La quatrième partie de l’exposé concerne le rapport des sols avec les champignons.

Après des rappels de définitions comme le saprophytisme, le parasitisme, les mycorhizes (ecto et endo) dont nous avons souvent parlé lors des exposés de Gaëtan Autuoro, un tableau (ci dessous) nous donne quelques exemples de convergence de certains champignons avec des arbres ou des sols de nature différente.

En ce qui concerne les « Trichoderma » et « Phanerochaete » dont il est fait mention, après recherche, il s’agit de :

  • Trichoderma  : champignons filamenteux imparfaits, appartenant à la classe des ascomycètes, environ 20 espèces, saprophytes en milieu extérieur. Ils ont un intérêt agro-alimentaire, dans la production de cellulase et hemicellulase. Certaines espèces sont utilisées en lutte biologique pour la protection d’arbres et cultures, contre des agents phytopathogènes.
  • Phanerochaete  : champignons basidiomycètes filamenteux, qui peuvent dégrader la lignine ou traiter des eaux usées.

L’exposé se termine par une note plutôt pessimiste : Quel avenir pour nos sols ?

C’est sûr qu’avec l’augmentation des surfaces bétonnées, bitumées, la surpopulation et la surfréquentation, l’avenir n’est pas rose. Pourtant, comme dit Pascal Mathieu, nous n’avons jamais autant parlé de « Bio », et cependant, la société n’a jamais été aussi peu respectueuse de la nature, des prairies, des forêts, des sentiers de randonnée etc..

Nous remercions vivement Pascal pour son exposé, avant de jeter un coup d’œil rapide (car il y en a peu !) sur les 4 espèces de champignons présents.

Où sont passés les kg de morilles annoncés dans les journaux ? Bref, nous n’en avons qu’une seule, et toute desséchée (70 gr quand même, ramassée par David) . Les tricholomes de la St Georges sont en avance d’un bon mois (il y en avait déjà il y a 15 jours).

Mais s’il ne pleut pas rapidement, et suffisamment, c’est de nouveau mal parti pour nos récoltes !

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Morchella esculenta var. rotunda
Chapeau arrondi (comme M.rotunda), mais plus brun et à côtes plus épaisses comme M. esculenta L.
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Calocybe gambosa
Tricholome de la St Georges, Forte odeur de farine, dans les endroits herbeux.
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Polyporus ciliatus
Pores fins, à peine visibles à l’œil nu.
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Polyporus squamosus
Couvert d’écailles brunes, pores gros et polygonaux.

Nous nous retrouverons le mois prochain (le lundi 15 mai) pour la suite des « Intoxications par les champignons » avec Gaëtan Autuoro.


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