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Réunion lundi 30 mai 2016 - [Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain]
Société des Naturalistes et Archéologues de l’Ain

Réunion lundi 30 mai 2016

Publié le jeudi 2 juin 2016 par Claudette TABARY

Faute à la météo pluvieuse (ou pas…), nous étions un peu moins nombreux que d’habitude, 18 adhérents tout de même. A moins que le sujet des Amanites, déjà traité en avril 2013, ait moins intéressé les fidèles.

En début de séance, notre présidente nous a distribué des documents au sujet de l’Ambroisie, véritable fléau des allergiques. En effet, la SNAA a entamé un partenariat avec le Service Hygiène et Santé de la ville de Bourg. Vous êtes donc invités à signaler auprès d’Arlette la présence et la localisation de plants d’Ambroisie, qui seront transmises au Service Hygiène (Mr Grolier) pour destruction. Gaëtan signale déjà un site.

Par contre, pour ceux qui ne sont pas de Bourg, il faut s’adresser au référent local, en passant par la mairie, qui doit être au courant. C’est le cas de David qui devra signaler à Ceyzeriat la présence d’Ambroisie au bord de son terrain de foot.

Nous passons ensuite au sujet du jour un diaporama sur les Amanites présenté par Jean-Claude Rabatel. Ce diaporama très ludique et bien illustré a été réalisé en suivant la classification du livre de Courtecuisse.

Je me bornerai à rapporter les remarques ou précisions, puisqu’il existe un polycop que vous pouvez vous procurer au local sur demande, si vous ne l’avez pas déjà, ou mieux, télécharger le diaporama sur une clé USB.

Les Amanites existeraient depuis 65 Millions d’années et leur nom proviendrait du Mont Amanos, au sud de la Turquie, sans doute l’endroit où elles ont été identifiées la première fois. Il en existerait un millier dont seulement 500 répertoriées.

Ce sont des champignons ectomycorhiziens, c’est à dire que le mycelium entoure les radicelles, ne pénètre pas à l’intérieur. Elles ne sont donc pas inféodées à une espèce d’arbre en particulier.

Ce sont plutôt des champignons commençant à pousser au début de l’été, mais Gaëtan nous signale déjà une poussée d’ Amanita crocea dans le Morvan.

La chair fibreuse et le stipe se déchirant en lanières, peuvent s’expliquer par la trame bilatérale. Les lames très libres entrainent une séparation facile entre le chapeau et le pied. Philippe Dantigny nous assure que pour Amanita Mairei, ce n’est pas le cas. C’est pourtant un critère déterminant des Amanites en général, avec les spores blanches, que l’on retrouve dans la clé de Marcel Bon (page 22). Il reste une possibilité, car à force de chercher le détail dans les différentes monographies de ce champignon, j’ai fini par trouver sur le site « clicamanites.free.fr » (site vanté à juste raison par Jean-Michel Berthelon) que chez A. Mairei , « les lames sont libres à faiblement adnées ». Mais, promis, si l’occasion s’en présente en automne, à l’Ecole du Champignon, nous vérifierons ce caractère. Signalons qu’il n’y a pas que les Amanites, les Lépiotes aussi ont le chapeau facilement séparable et de plus, elles ont également des spores blanches ,ce qui n’est pas le cas des Agaricus (sporée brun bistre à brun noirâtre), Pluteus et Volvariella (sporée rose) qui ont la même possibilité de séparation.

Dans la famille des Amanitacées, on oublie souvent le genre moins courant des Limacella (9 espèces), au chapeau visqueux ou glutineux. On rajoutera un détail pratique (mais peut-être pas constant) : les lames apparaissent couchées.

Pour le genre Amanita, il y a 3 sous genres. Le terme d’Amanitopsis était encore bien utilisé (pas d’anneau, marge piléique striée, comme A. vaginata). Beaucoup moins celui de Lepidella (anneau présent, marge piléique non striée, comme par exemple A. rubescens). En fait elles sont toutes maintenant citées sous le nom d’ Amanita.

Comme plusieurs personnes nous ont demandé la définition exacte du mot « piléique », la voici :

« Pileipellis= revêtement externe du chapeau, couche superficielle couvrant le bord supérieur du chapeau d’un champignon lamellé. Du latin = pileus= bonnet d’affranchi + pellis = peau ». Une petite variation avec le latinpellis pelure et pileus chapeau.

Après avoir détaillé tout ce qu’il faut observer sur les amanites : voile, marge, anneau, flocons etc…, on peut arriver à déterminer les amanites dans leur section.

Nous arrivons ensuite aux règles de prudence quant à la consommation des amanites, sachant qu’il y en a beaucoup plus de mortelles ou fortement toxiques que de bonnes. Plus précisément, il n’y en a que 5 qui vaillent le coup : A. Caesarea, A. rubescens, A. vaginata, fulva et crocea. D’où l’intérêt de bien les connaître y compris les champignons avec lesquels on peut les confondre. Les 3 tableaux du polycop de Jean-Claude sont très clairs.

S’ensuit alors une longue discussion sur la toxicité des champignons en général. Il arrive de plus en plus souvent que l’on nous rapporte des cas d’intoxications, ou des études scientifiques, démontrant que des champignons que l’on croyait jusqu’alors tout à fait comestibles peuvent être toxiques, voire mortels, sous certaines conditions ou pas. Citons quelques cas :

- On sait maintenant que l’orellanine, en quantité plus ou moins importante suivant l’espèce de cortinaire, peut provoquer des intoxications mortelles (comme avec C. orellanus), mais par accumulation dans les reins et le foie, si les quantités ingérées sont importantes ou répétées, on déconseille aussi d’autres cortinaires considérés jusque là comme comestibles : C. praestans ou C. violaceus.

- Lors de la dernière conférence de Jean Cavet et François Lopez, ils nous ont informé d’une intoxication récente, sur Lyon, avec des Tricholomes de la St Georges !

- C’est le cas, maintenant indéniable, du Bidaou ou Tricholome équestre, Tricholoma equestre ou auratum, provoquant le phénomène de rhabdomyolyse, dont j’ai détaillé l’intoxication lors du diaporama sur les Tricholomes.

- Et Jean-Michel, toujours bien au courant des nouvelles recherches dans ce domaine, nous signale beaucoup d’autres exemples avec des champignons pourtant familièrement sympathiques. J’ai retrouvé le détail de ces travaux dans un livre de Rippert Christian, Mycologie médicale, Intoxications par les champignons supérieurs, chapitre 4.3. Rhabdomyolyse. On constate que l’atteinte des muscles, dosée par le taux de CPK (créatinines phosphokinases) est fonction du champignon, mais aussi de la quantité et de sa répétition. Chez la souris, pour Tricholoma equestre, les symptômes apparaissent pour 6-9 gr de champignon sec par kg de poids corporel pendant 5 jours, ce qui correspond chez l’homme à une dose de 3 à 4 ou 5 kg par jour, pendant 5 jours pour un adulte de 70 kg .

Malheureusement, on obtient aussi des effets, quoique moindres, avec des doses plus faibles, et chez la souris, avec des champignons comme Boletus edulis, Leccinum versipelle, Russula spp., Albatrellus ovinus (polypore des brebis), Cantharellus cibarius., Lentinula edodes (shiitaké) et même notre Agaricus bisporus (champignon de Paris) !

Donc, en conclusion, ne mangez des champignons, même délicieux, qu’en petites portions et surtout évitez de le faire plusieurs jours de suite……

Pour clore le sujet des Amanites, nous distribuons un Quizz, préparé par David Drencourt. Une question nous a quand même fait réfléchir, il est vrai que nous n’avons pas en Bresse l’occasion de chercher des champignons sur les dunes, et donc d’avoir à déterminer Amanita supravolvata !

Et pour terminer la soirée, nous avons déterminé quelques champignons, en commençant par une curiosité, ressemblant fort à une truffe, et qui en plus avait été ramassée sous un chêne. Mais, une fois coupée, nous avons bien distingué plusieurs petits vers blancs, c’est donc une galle. Pour une détermination exacte, Arlette se charge de la confier à un spécialiste et nous vous en donnerons le résultat plus tard, en attendant voici les photos :

Comme espèces de champignons, en plus de ceux photographiés, nous avions aussi quelques Marasmius oreades et un Cortinarius oreinus (déterminé par Jean-Michel).

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Agaricus xanthodermus
Agaric jaunissant. Jaunit fortement à la base, odeur d’iode ou d’encre.
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Agrocybe cylindrica,A. aegerita
Pholiote du peuplier, Pivoulade. Sporée brune, anneau membraneux, odeur de lait caillé, surtout sur peupliers et saules.
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Gymnopus dryophilus,Collybia dryophila
Collybie des chênes, lames serrées, chair mince, surtout sous feuillus.
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Inocybe bongardii
Mèches brunâtres à brun vineux, pied fibrilleux, odeur forte de baume du Pérou.
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Polyporus tuberaster
Polypore de Forquignon. Gros pores polygonaux. Couvert de petites écailles crème ochracé.
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Polyporus tuberaster
Sur bois mort de feuillus.

Texte : Tabary Claudette.

Photos : Drencourt David et Tabary Claudette.


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