Société des Naturalistes et Archéologues de l’Ain

Réunion lundi 30 mars 2015

Publié le vendredi 3 avril 2015 par Claudette TABARY

Très forte affluence pour cette soirée (33 présents), car surtout consacrée aux morilles.

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Le conférencier et une partie de la salle

Tout d’abord, notre Présidente, Arlette Froment, nous fait part de quelques infos de dernière minute :

- La conférence de Jacqueline Maisse du 10 avril, sur « Piémont : fleurs et paysages », est remplacée, au pied levé (elle s’est cassé le bras….) par une conférence sur « Les papillons du Sud-Est » avec Pascal Mathieu.

- Arlette nous rappelle la conférence de Mr Lopez du 13 Avril sur « Champignons intéressants de nos régions ».

- L’Assemblée générale de la FMBDS (Dauphiné et Savoie) ayant lieu le dimanche 26 avril à Servier, ceux qui sont intéressés peuvent s’adresser à Arlette.

- Nous allons faire passer une feuille pour une souscription à un livre de Botanique de Louis Jourdan, « Fleurs rares et protégées de Haute Savoie ».

Après la distribution d’un gros document de 50 pages, Gaëtan Autuoro nous commente son énorme travail de recherche. C’est bien sûr impossible de résumer un tel travail, illustré de nombreuses photos, dessins ou même reproduction d’aquarelle. Je ne vous ferai part ici que de quelques remarques :

- après avoir situé la place des Ascomycètes dans la classification, donné quelques caractères généraux, cité quelques sous embranchements, classes, sous classes, puis ordres, on s’attaque à la reproduction ……

- Beaucoup sont mycorhizes (associés avec les racines d’une plante ou d’un arbre), d’autres endophytes (association mutualiste avec une plante, permettant d’échanger des éléments…) voir page 5.

- Mais il y a aussi des Ascomycètes parasitaires de plantes (cloque du pêcher ) ou du bois, d’insectes, ou de papillons, etc ……

- Dans ce document, on retrouve la clé d’Emile Boudier illustrée par le regretté Claude Magnat, ainsi qu’une très belle aquarelle de Morchella Rielana Boud.

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Dessin d’Emile Boudier

- à propos des spores, on note que certaines morilles n’en n’ont pas (elles sont dites stériles). Et que Disciotis venosa (qui sent la Javel) a les mêmes spores que les morilles et la même valeur gustative !

- les granulations des spores sont quelquefois absentes.

- Le tableau de Claude Magnat, avec ses croquis très nets, nous permet de différencier les formes de morilles et surtout de les séparer des formes Helvelle et Verpe avec lesquelles on peut les confondre.

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Dessins de Claude Magnat

- Verpa bohemica a 2 asques au lieu de 8, d’où contestation pour la situer dans une famille.

- Dans les morilles « conica », les différences sont très variées, de couleur comme dans les formes.

- Helvella crispa pousse en automne, les autres au printemps. Sa toxicité est moindre que celle des Gyromitres.

- Le chapitre « Ecologie de la morille » est énorme, quelques remarques :

- Elles poussent « derrière les marcheurs » (dommage que ce ne soit pas devant !).

- Morchella esculenta recherchant du sucre, poussera plus facilement sous les frênes (avec lesquels on fabrique « la frênette », boisson sucrée).

- Il peut y avoir des pousses occasionnelles, dans ce cas les exemplaires peuvent être très gros (600 gr par exemple).

- Les conditions climatiques sont un peu les mêmes que pour les cèpes, et elles n’aiment pas le vent (et malheureusement, nous en avons de plus en plus dans nos régions).

- La catégorie « morilles à vallécules » est celle où il y a le plus d’espèces.

- Gaëtan passe en revue tous les arbres et plantes à morilles, en différenciant les végétaux suivant qu’il s’agisse de Morchella esculenta ou Morchella elata.

- Une interview de Phillippe Clowez répond à pas mal de questions et nous explique par exemple le rôle des taupes ou des mulots (voir page 29 et 30), l’importance de chocs thermiques, le besoin de sucre et ou de cellulose, etc ….

- Page 37, encore une autre interview d’un chercheur de morilles décrivant les endroits inattendus où l’on peut en trouver.

- Les morilles sortent avant tous les végétaux, dans des endroits découverts.

- Intérêt à rechercher sur les cartes géologiques le nom des lieux dits, qui peuvent encore nous indiquer des pousses de morilles. Il y a encore une Allée des Morilles à Bourg en Bresse (derrière Brou) et un circuit des Morilles dans le Revermont.

- Le calendrier lunaire revient dans la discussion, peut-être une influence mais ce serait plutôt les phases ascendantes ou descendantes, l’attraction de la lune pour la terre (comme pour les marées) qui joueraient un rôle ….

- Nous parlerons aussi de la toxicité des morilles fraiches et surtout de celle des Gyromitres. La monométhylhydrazine (molécule responsable de la toxicité des Gyromitres) est synthétisée par La NASA et utilisée comme carburant des fusées ! Arlette nous signale pourtant qu’elle en a encore vu récemment sur des marchés. Moi même, j’avais vu chez « ROND POINT » devenu Carrefour, une pleine cagette de gyromitres étiquetées « morilles », mais c’était il y a une vingtaine d’années.

- Les Verpa sont comestibles.

Conclusion : avec tous les endroits où elles pourraient pousser (certains arbres, plantes, places à feu, près de taupinières, endroits en décomposition ou insolites, etc …), on se demande pourquoi nous n’en trouvons pas plus ! à part certains d’entre nous comme Alain Petitjean qui s’est fait gentiment charrier tout au long de la soirée …. sans doute parce qu’il faut aussi beaucoup d’autres conditions, climatiques ou de terrain. Le document se termine par de très belles photos d’espèces variées ou un peu particulières comme Morchella crassipes (espèce très grosse y compris le pied).

Applaudissements nourris et Félicitations pour Gaëtan qui l’a bien mérité.

Comme l’exposé était clair, personne n’a de question à poser, sauf une, qui n’espéra évidemment pas de réponse : Peut-on avoir les données GPS des sites à Morilles ?

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Morchella elata
Photo CT

En attendant, nous avons déterminé et fait passer la seule morille (trouvée par Claude Morel dans le Jura) : une Morchella elata pas très grosse. Il y avait aussi Strobilurus tenacellus, petite collybie poussant uniquement sur des cônes de pins, et très amère.

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Strobilurus tenacellus
Pousse sur cônes de pin, amère. Photo David Drencourt

TABARY Claudette


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