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Réunion mensuelle du 28 janvier 2013 - [Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain]
Société des Naturalistes et Archéologues de l’Ain

Réunion mensuelle du 28 janvier 2013

Publié le jeudi 31 janvier 2013 par Claudette TABARY

Cette première réunion de l’année s’est tenue dans nos bureaux, la plus grande salle étant en réfection pour insonorisation, amélioration plus que nécessaire pour toutes nos manifestations, y compris pour l’école du champignon où plusieurs petits groupes doivent se partager l’espace.

27 adhérents étaient présents (dont quelques très jeunes) et 4 étaient excusés : Marie Christine Baillet, Simone Bereziat, Pascal Mathieu, et Alain Roset.

1°) Bilan de l’école du champignon de l’automne 2012 :

Danièle commence par remercier Arlette, qui par son travail d’éducation avec les débutants a su intéresser son auditoire et susciter de nouvelles adhésions.

Arlette s’occupait donc des débutants ( une dizaine en moyenne) qu’elle a trouvé très attentifs. Elle s’est servie comme base d’étude de la nouvelle édition « A la découverte des champignons », et pour finaliser, le Guide d’Eyssartier. Elle pense avoir été un peu trop vite au début, d’autant que certains sont arrivés en cours de route. Mais, comme elle est volontaire pour reprendre les débutants à la prochaine saison, ses « élèves » pourront choisir de rester ou de passer avec Jean-Claude Rabatel, qui fait d’avantage de terrain.

Jean-Claude nous résume brièvement son groupe : ils sont déjà très motivés, très nombreux, ce qui était gênant dans cette salle bruyante. Il se sent parfois seul, les niveaux étant très différents, mais à ce stade, il est bien évident qu’il y a beaucoup de travail personnel à faire.

Danièle rappelle qu’il ne faut pas mettre vous-même vos champignons, sur les assiettes pour la détermination. Ce sont les déterminateurs qui choisissent dans vos paniers les exemplaires les plus frais, les plus représentatifs etc…et en général, ils finiront par passer même si ce n’est pas « le vôtre ». Si ce n’est pas le cas, c’est souvent que le champignon n’était pas exploitable : trop vieux, sec, moisi, parasité, avec des éléments manquants (bout de pied, volve, pas d’indication de pousse, feuilles ou aiguilles etc….) bref non identifiable sérieusement.

Côté déterminateurs, j’ai apprécié que l’on vienne nous demander des explications ou contester parfois nos déterminations. Tout le monde y trouve son compte : on leur donne les éléments qui nous ont conduits à ce résultat (nous avons essayé d’utiliser souvent les réactifs chimiques), mais nous pouvons aussi devoir corriger…….….nul n’est infaillible.

Par contre, il faut bien avouer, que certains soirs, vu le nombre d’espèces, l’absence regrettée de Claude, ou d’autres, occasionnelles, de déterminateurs, tous les champignons n’ont pas pu être déterminés.

Le problème des sorties sur le terrain, jugées trop peu nombreuses, est de nouveau « mis sur le tapis ». Et pourtant, trop peu d’adhérents se sont déplacés quand elles ont eu lieu. Quel jour les faire ? une demi-journée ? une journée entière ? faut-il les programmer ?

Bref, nous avons convenu qu’il faudra en mettre quelques unes dans le programme du 2ème semestre, par demi-journée (suffisant d’après Jean-Claude), sans tenir compte des pousses trop aléatoires ( c’est quand même rare de ne rien trouver du tout, sauf si le but est de remplir la casserole….), quitte à en programmer des supplémentaires si l’occasion se présente. Par exemple, Danièle nous signale que la Société de Lons, peut nous prêter un chalet, pour une sortie à la journée.

Et pour clore ce bilan, la partie théorique, d’une vingtaine de minutes, axée sur une famille ou une espèce, avec des exemples frais venant d’être déterminés, est très appréciée. Donc à poursuivre à la rentrée prochaine.

2°)Pourquoi le nom des champignons changent ? Rôle du progrès de la biologie moléculaire dans la classification.

Tout d’abord, une définition très simplifiée de la biologie moléculaire : C’est une discipline consacrée à l’étude des molécules porteuses du message héréditaire (ADN,ARN), de leur structure, synthèse et altérations (donnant des mutations). Toute cette recherche se fait par électrophorèse, viscométrie, marquage, séquençage et autres processus scientifiques très pointus.

Les méthodes de séquençage permettent d’établir une carte d’identité pour chacun des êtres vivants et proposent donc une relecture de la classification traditionnelle qui, jusqu’à présent, était basée essentiellement sur des caractères morphologiques macroscopiques et microscopiques.

On va rechercher l’ancêtre commun, mais au lieu de chercher : « qui descend de qui ? » (c’est de la généalogie), on va plutôt chercher : « qui est proche de qui ? » (c’est de la phylogénie).

Pour ce qui nous intéresse, c’est-à-dire les champignons, le résultat est inattendu : ils s’avèrent former « un clade » avec les animaux (et non avec les plantes) !. Les principaux facteurs expliquant cela :

  • Absence de photosynthèse
  • Une structure de la paroi cellulaire faite de chitine et non pas de cellulose comme chez les plantes
  • Un stockage de glycogène
  • Et surtout une séquence génétique de l’ARN ribosomique approchante.

Parmi les changements de classification : Les Gastéromycètes sont en complet bouleversement. Les Lycoperdales se révèlent très proches des Agaricales alors que les Phallales constituent un groupe bien spécifique. Certaines familles, comme les Tricholomatacées, risquent d’être remodelées.

Quelques exemples :

Dans l’article d’un mycologue canadien, Scott Redhead, (fourni par Danièle, et qui date déjà d’au moins 10 ans), il est cité le cas de Tapinella panuoides (Paxille en forme de Panus), également appelé Paxillus panuoides. Les vrais paxilles forment des mycorhizes alors que les Tapinella provoquent une pourriture brune du bois. Les données moléculaires concourent à reconnaître des genres séparés pour Paxillus et Tapinella. Ce « Paxille » reste dans le groupe des Pleurotoides, alors que Paxillus involutus garde le même nom et reste près des Gomphides.

Autre exemple donné par Jacques Guimberteau (mycologue et orchidophile à l’INRA) : Les Gastéromycètes qui rassemblent des champignons morphologiquement ressemblants, en boule ou gastéroide, éclatent : les Lycoperdon, Calvatia,et Bovista se retrouvent avec les Agaricacées, proches du genre Agaricus ! et les Sclérodermes avec les Boletales !etc….

La famille des collybies éclatent en plusieurs genres : Rhodocollybia, Gymnopus, Collybia, et si les nouveaux noms sont cités en premier, dans l’Eyssartier par exemple, il y a encore heureusement pour nous les dénominations anciennes.

Des changements aussi dans la famille des Lépiotes : Macrolepiota rhacodes devient Chlorophyllum rhacodes. Le genre Chlorophyllum a des spores à pore germinatif tronqué, et non couvert d’un cal en lentille comme chez les vrais Macrolepiota. Dans ce cas, l’explication est simple mais finalement, c’est un caractère observable aussi au microscope.

Gros chamboulement aussi dans la famille des coprins. Les véritables Coprinus (groupe du Coprin chevelu) sont apparentés aux Agaricus et 3 nouveaux genres font leur apparition : Coprinopsis, Coprinellus et Parasola , proches des Psathyrella.

Et pour finir, toute la famille des Tricholomatacées est en train d’être réorganisée (voir page 488 de l’Eyssartier) mais la clé de détermination continue d’utiliser les caractères morphologiques, et ne reflète donc pas la nouvelle classification.

En conclusion, les changements de noms seront de plus en plus fréquents, nous ne pourrons , en tant que « mycologues lambdas » qu’en prendre acte et essayer de les assimiler au mieux !

Mais soyez rassurés, nos champignons auront toujours les mêmes descriptions de caractères morphologiques, toxicologiques etc…. Le plus gros problème se posera lors des expositions, quand il faudra lui trouver sa place, surtout avec nos vieux « fichiers » . Et le guide Eyssartier est un ouvrage de transition, appelé sans doute à évoluer sur des années.

Ce sera d’autant plus long que les scientifiques font avant tout de la recherche en biologie moléculaire sur des champignons parasites de plantes (agronomie, économie industrielle) ou pour la recherche de traitements antimycosiques pour l’homme et les animaux.

3°) Questionnaire sur les thèmes que vous souhaiteriez voir aborder au cours des réunions mensuelles :

Sur 17 questionnaires dépouillés, 3 grands thèmes arrivent en tête :

  • Relation entre arbres et champignons, c’est-à-dire les champignons mycorhiziques
  • Les confusions les plus fréquentes
  • L’étude d’une famille plus à fond : et dans l’ordre, vous avez cité Bolets, Tricholomes et Amanites.

Sur une année, il n’y a que 5 à 6 réunions mensuelles, nous aurons donc des sujets pour plusieurs années !!

J’attendais quelques suggestions, mais à part apprendre à se servir d’une clé de détermination, aucune nouvelle étude qui n’est déjà été proposée .

Après un vote à main levée (presque à l’unanimité), il a donc été décidé de commencer nos réunions par des exercices (pendant ¾ h à 1 heure) à l’aide de «  A la découverte des champignons  », avec des exemplaires frais si possible, sinon avec des documents papier (description, photo, ou même diapo). Et nous affinerons la détermination avec vos propres guides : Bon, Courtecuisse, Eyssartier etc… Fin février, nous espérons qu’il y aura encore des champignons d’hiver et David, notre jeune adhérent, nous en trouvera surement quelques exemplaires.

Puis nous traiterons d’un sujet un peu plus théorique, nous en exposant les bases et surtout en donnant des exemples courants.

Pour la prochaine séance, Jean-Claude (pour la partie surtout théorique) et Gaëtan (qui prendra surtout des exemples chez les bolets) se sont proposés de traiter les champignons mycorhiziques . Ils sont si nombreux qu’il ne sera bien sûr pas question de tous les citer.

Je trouve important de consacrer une partie de nos réunions à l’étude et la recherche commune de connaissances sur un thème, car il faut bien constater que nous sommes en manque de conférencier ! Sur tout le programme des Activités du 1er Semestre 2013, il n’y a qu’une seule conférence mycologique : celle de F. Lopez sur les Champignons des Monts du Lyonnais en 2012.

David ayant apporté quelques champignons, nous mettons en pratique la recherche avec la clé de détermination.

Quatre champignons ont ainsi pu être déterminés : -Galerina graminea et Tubaria furfuracea, trouvés sur pelouses

- Sarcoscypha coccinea

Photos prises par Alain Petitjean au microscope : on voit bien des spores elliptiques aux pôles arrondis ou plus ou moins plats.

Spores de Sarcoscypha coccinea. Dimensions : 24x35 sur 10-14 micro m.

- Auricularia auricula-judae de consistance gélatineuse, et ayant poussé sur des morceaux de troncs de noyers abattus. Cet Oreille de Judas, c’est le champignon noir de certains plats asiatiques .Il faut quand même signaler qu’une consommation importante peut se traduire par le syndrome de Szechwan avec risques hémorragiques, purpura et autres modifications plaquettaires.

Auricularia auricula-judae

Bien que n’ayant pu examiner l’exemplaire frais , je tiens à vous faire profiter d’une très belle photo , faite par David d’un Geastrum striatum : une vesse en étoile de 5 à 10 branches étalées au sol avec un péristome strié et l’apophyse en disque circulaire.

Geastrum striatum

IMPORTANT

Pour clore la séance, Danièle nous demande d’observer et de graver dans nos mémoires une photo envoyée par un pharmacien :

Aucune photo, même très bonne, même « retravaillée », ne pourra remplacer l’examen visuel pour identifier un champignon, d’ailleurs nous le déconseillons toujours. Mais là, l’exemple est trop troublant, pour ne pas dire stressant. On croit voir un bébé cèpe collé à son papa. Et pourtant, en y regardant de plus près, on distingue bien un sac volvaire, laissant sortir un champignon qui a déjà un peu de vert-jaune et est peut-être déjà finement fibrillé sur un chapeau qui semble soyeux comme…….Amanita Phalloides !!. J’espère aussi qu’en retournant le « bébé », on pouvait voir des lames….

C’est en tout cas beaucoup de responsabilité d’avoir à identifier une récolte, si nous ne pouvons pas vérifier tout le panier.

Un peu moins grave que ce cas exceptionnel, j’ai eu l’occasion de trouver des très petits Entoloma sinuatum (Entolome livide) au milieu d’une cagette d’ Infundibulicybe geotropa (Tête de moine). A l’état adulte , ils ne se ressemblent guère mais ceci montre qu’il faut éviter les trop jeunes et petits exemplaires qui ne montrent pas encore leurs caractères spécifiques.

La prochaine réunion aura lieu le lundi 25 février. Pensez à apporter votre clé de détermination , votre guide préféré et même quelques champignons si vous en trouvez…….

Claudette TABARY


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