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Sortie Vallée des Chapieux - Savoie - [Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain]
Société des Naturalistes et Archéologues de l’Ain

Sortie Vallée des Chapieux - Savoie

Publié le mardi 28 juillet 2009

SORTIE S N A A - VALLEE des CHAPIEUX - Savoie

Samedi 27 et dimanche 28 juin 2009

Pour voir les photos de la sortie

Vendredi 26 juin : un temps exécrable, à ne pas mettre un « naturaliste » dehors. Pluie en abondance, vent, bourrasques et température hors saison sont au menu de cette journée d’été ; et la nuit, ça continue…

Samedi 27 juin : le gros de la troupe des participants à cette sortie aux Chapieux est à 6 h. sur le parking de l’immeuble Chambard comme prévu avec les vestes de pluie et les polaires. Des nuages menaçants courent encore dans le ciel et il ne fait pas chaud. Tant pis, nous prenons la route, direction Pont d’Ain, Chambéry et l’autoroute vers Albertville.

  • Au péage de Chignin, nous récupérons les autres participants venus de directions différentes et nous nous dirigeons vers Albertville – Moûtiers – Aime. Dernier pointage à Aime. L’effectif est au complet. Il est 9 h.15 et nous partons pour le Cormet d’Arêches, les frères Béreyziat en tête. La dernière partie de la route caillouteuse nous conduit au col. Le temps est frais et nuageux, mais qu’à cela ne tienne ; chacun se dirige vers son activité préférée :
  • les « caillouteux » ont repéré des éboulis et vont casser du caillou de bon cœur pour essayer de trouver « un trésor enfoui » Quelques-uns vont se promener sur les crêtes environnantes. Et tous trouvent…peut-être pas le trésor, mais du moins des Hématites, du Quartz, Sidérite, etc. (voir le document annexe)
  • les ornithologues, tous munis de jumelles montent dans les rochers essayer de surprendre « l’oiseau magique » ou à défaut quelque marmotte en poste de guet, car il y en a au Cormet d’Arêches des marmottes, et elles n’entendent pas laisser 27 naturalistes prendre possession des lieux sans avertir leurs congénères d’un sifflement strident.
  • les botanistes eux, n’ont pas fait beaucoup de chemin ; il y a tellement à faire sur place. La floraison est belle et généreuse, des fleurs que nous n’avons pas l’habitude de rencontrer en Bresse, depuis la Gentiane de Koch, en passant par Trifolium alpinum et les Pensées éperonnées Viola cornuta - pour aller vers les Pulsatilles jaune citron au milieu des Rhododendrons rouges. Une splendeur ! (voir photos en annexe)
  • Chacune s’affaire, fouille de ci, de là, sollicite Arlette Froment, la seule botaniste pro. de l’équipe, qui elle-même fouille dans sa « bible » Flora helvetica , et Michèle Rignier qui photographie et Nadine Boulon qui répertorie les plantes déterminées, et Danièle qui porte la Bible- un poids d’enfer ce bouquin là et Christiane qui découvre…et…et
  • Mine de rien, elles sont organisées, les botanistes improvisées.

L’heure du déjeuner arrive vite ; tous les protagonistes se rejoignent au parking et déballent le pique-nique qui est comme chaque fois animé et joyeux.

Puis, chacun reprend ses recherches, trouve un champignon par-ci, que Danièle ne sait pas déterminer (elle a oublié ses guides mycologiques), une nouvelle plante par-là…le tout au milieu d’un paysage magnifique dont les sommets sont poudrés de neige et où le moindre dénivelé laisse échapper une eau claire et fraîche bondissant dans les alpages

Aux environs de 15 h., tout le monde en voiture… direction les Chapieux avec quelques arrêts en cours de route.

  • Le premier, au lac des Fées, afin d’admirer le paysage bucolique de cette petite retenue d’eau et histoire de trouver, le long d’un petit ru dévalant la pente couverte de rhodos…. devinez-quoi ? la Grassette des Alpes- Pinguicula alpina -. Elle est bien là, en nombre.
  • Nous continuons notre route par le lac de Saint-Guérin, Arêches, le col du Pré avec une halte au barrage de Roselend. Nous nous inquiétons devant le niveau extraordinairement bas des eaux de cette retenue…Seule, leur belle couleur émeraude paraît apaisante.

Nous franchissons le Cormet de Roselend et redescendons en direction de Bourg Saint-Maurice

  • Les minéralogistes descendent jusqu’au Pont Saint-Antoine pour une visite des cônes d’éboulis qui s’avère assez prolifique puisqu’elle permettra d’échantillonner 5 minéraux différents (voir document annexe)
  • Les botanistes rentreront à l’Auberge de la Nova après avoir herborisé encore un peu.

Vers 18 h. tous les participants se retrouvent à l’Auberge, dans la vallée des Chapieux, au milieu des troupeaux, près du torrent qui descend de l’Aiguille des Glaciers, accueillis par les nouveaux gérants Erick et Muriel Sanchez, fort avenants et sympathiques. Chacun prend possession de son logement, une bonne douche, un petit appéro. et à table avec soupe en entrée comme toujours en montagne. Le repas terminé, les blagues échangées, le lit fut le bienvenu pour la plupart d’entre nous, car la journée avait commencé tôt.

  • Et la nuit fut bonne dans ce lieu paisible et calme, loin de l’agitation quotidienne.

Dimanche 28 : le petit déjeuner avalé, les bagages chargés dans les coffres de voitures, nous voilà partis pour la vallée des Glaciers et nous ne tardons pas à arriver au bout du chemin, au parking avant le Chalet des Lanchettes. De là, nous monterons par un sentier un peu pentu, jusqu’au Bouillu (torrent qui bouillonne) des Lanchettes.

  • Le paysage est enchanteur. Le temps brumeux d’hier a fait place à un soleil splendide qui sort de derrière les montagnes et commence à rayonner sur les cimes avoisinantes. A gauche du sentier, une pente schisteuse couverte de rhododendrons et de fleurs de montagne de toutes sortes, avec plein de marmottes qui sifflent pour un oui pour un non et nous montrent qu’elles sont bien là, chez elles. En arrière plan, les aiguilles et écailles de la paroi rocheuse. A gauche, la vallée au fond de laquelle bondit un torrent et des alpages où paissent des troupeaux nombreux de race Tarine et Abondance. Au loin, sur les sommets, des plaques de neige signent l’altitude du site. En face, l’Aiguille des Glaciers est le plus haut sommet.
  • De ci, de là, des groupes de randonneurs, marchent, montent, suivent des sentiers ou gravissent des pentes plus ou moins difficiles selon le choix qu’ils ont fait et leur condition physique..
  • Parmi notre groupe, la sélection se fait vite. Les amateurs de minéraux, bons marcheurs, sac au dos, partent en premier, en direction du glacier et avancent vite : ils ont rendez-vous avec des éboulis au pied de la Grande Ecaille. Bientôt, ils sont hors de notre vue.
  • Le groupe des botanistes et des ornithologues avance plus lentement, saluant au passage le Lin des Montagnes - Linum perrene - ou les Anémones à fleurs de narcisses - Anemone narcissiflora - et bien d’autres…1 km ½ de marche et nous arrivons au torrent qu’enjambe un joli petit pont de bois (petit mais solide) car dessous, l‘eau écumante dévale la pente abrupte à cet endroit avec impétuosité. En amont une magnifique cascade, fougueuse elle aussi, nous envoie ses embruns. Ils sont les bienvenus, car le soleil commence à taper fort ; c’est le moment de sortir chapeaux et casquettes de protection.
  • Au-delà du petit pont, nous accédons à un alpage, vaste et peu pentu, avec des plaques de roches affleurant et nourrissant dans le moindre creux des colonies de Joubarbes Sempervivum - en pleine floraison. Elles sont nombreuses et magnifiques, d’un rose vineux caractéristique et exhibent leurs étamines sculptées avec précision et délicatesse.
  • Nous décidons d’établir « notre camp de base » dans ce lieu, d’herboriser dans les alentours et d’y pique-niquer quand l’heure sera venue. Les plus courageux (ou les moins intéressés par la botanique) partent randonner de droite ou de gauche, a l’assaut de pentes plus abruptes pour le plaisir de la montagne.
  • En ce lieu, les botanistes découvrent d’autres plantes que nous n’avions pas vues au Cormet d’Arêches : c’est un autre type de flore alpine avec beaucoup de Crépis de toutes sortes, une colonie d’Orchis vanille Nigritella rhelicani - sur terrain pierreux, des Lis de Saint Bruno Paradisea liliastrum - auxquels personne ne touche [ plante protégée oblige], des Hélianthèmes jaunes Helianthemum alpestris - semblant si fragiles avec leurs pétales froissés, et pourtant si solidement enracinés dans les rochers par une robuste racine pivotante. Il y avait aussi, tout au long du torrent, des « bébés rhododendrons » résultant de semis spontanés de graines qui avaient trouvé là, dans cette pente humidifiée par les embruns, des conditions favorables à leur germination.
  • On remarquait aussi des plaques de Pensées mauves Viola calcarata - voisinant avec des Renoncules jaunes d’or : c’était du plus bel effet.
  • Et bien d’autres plantes encore (voir le document annexe) dont il n’est pas possible de lister ici la totalité. Si… : il ne faut pas oublier l’Arnica des montagnes, bien connu pour ses vertus médicinales que Christiane a déniché au flanc du talus.
  • Ce fut un bonheur de pique-niquer parmi ce champ de fleurs, d’autant que trois bouquetins pas très farouches se désaltéraient dans un petit torrent à quelques centaines de mètres de nous, puis ils se sont mis à brouter en toute quiétude dans la pâture attenante. Ils ne semblaient pas du tout inquiets mais peut-être avaient-ils déjà vu défiler beaucoup de randonneurs ?
  • Un petit repos pour certains dans l’herbe à même le sol, les autres continuant de chercher, de voir, de regarder, de toucher, de découvrir et de revenir toujours au point central : Arlette assise sur une roche, entourée de ses livres, qui déterminait, déterminait…et donnait les réponses.

Puis ce fut le moment de plier bagages : ranger les livres, les reliefs du pique-nique, les affaires personnelles et nous levèrent le camp à regrets en laissant une place parfaitement propre – mais est-il besoin de le rappeler, tant cela va de soi.

Redescente au parking où nous avions laissé les voitures le matin et où nous attendîmes nos amis « caillouteux » qui arrivèrent un peu après nous, harassés, pas tant de leur expédition à la Grande Ecaille, que du poids des belles prises et de minéraux variés qu’ils rapportaient dans leurs sacs à dos (voir document annexe établi par Michel Béreyziat)

  • La sortie avait été prolifique pour eux aussi.

Puis la descente à l’Auberge de la Nova ne prit pas beaucoup de temps. Une petite boisson pour la route. Des remerciements sincères et appuyés à Bernard et Michel Béreyziat qui organisent tous les deux ans, aux Chapieux un week end montagnard accessible à tous les sociétaires avec des activités variées et une seule condition : pouvoir marcher un minimum et ne pas trop avoir peur du vide.

Ce furent deux jours merveilleux avec des paysages grandioses, des sites garnis de richesses à qui sait un peu être à l’écoute et à l’observation de la Nature, au calme … au grand air… Que vouloir de plus pour être heureux ?

Une petite anecdote qui restera à jamais en mémoire de ceux qui y ont assisté

LA CHASSE à la MARMOTTE

En montant sur le sentier du Bouillu des Lanchettes, nous avons été alerté par Lionel qui déclara soudain « ça sent l’urine de renard » - Faut dire qu’il a l’habitude car les renards s’invitent souvent autour de sa volière et il arrive que les dégâts soient importants ; alors Lionel est toujours en alerte.

  • Nous levons donc la tête du côté de la pente et découvrons effectivement un, puis deux renards, qui se coulaient parmi les ravins de la pente, à la façon de Maître Goupil.
  • Aussitôt, ceux qui possédaient des jumelles scrutèrent la pente de plus près. Les renards ne semblèrent pas plus gênés que ça par notre présence. A peine avions-nous fini de nous extasier sur les deux rusés, que Gérard, qui se trouvait en avant, juste au détour du chemin, nous avertit d’une partie de chasse qui s’engageait entre les renards et une marmotte.
  • En effet , une gentille marmotte était tapie dans un creux d’herbe et nous regardait défiler sur le chemin en contrebas. Mais les deux malins l’avaient bien repérée et aussitôt décidé de s’offrir un bon repas. En rampant, comme savent si bien le faire les renards lorsqu’ils veulent se dissimuler, ils commençaient à l’encercler lorsqu’elle les aperçut. Elle poussa un cri d’effroi qui retentit dans la montagne avoisinante et jaillit de sa cachette pour aller se dresser sur un rocher tout proche. Les deux compères ne purent que contourner le rocher, et, bredouilles, ne traînèrent pas dans les parages : ils avaient raté leur coup et filèrent sans demander leur reste. La marmotte méfiante, resta en poste de guet et nous continuèrent notre route.
  • Pour les quelques-uns du groupe, qui comme moi, ont eu la chance d’être là au bon moment et d’assister, de bon matin, à un tel spectacle de la nature, ils en restèrent émerveillés, se disant que dans une vie, cette chance ne se représentera pas deux fois…
  • N’était-ce pas phénoménal en effet de voir se dérouler sous nos yeux cette chasse en tandem, alors que Maître Goupil est si réputé pour être un chasseur solitaire ?
Sortie multidisciplinaire - 27 et 28 juin 2009
  • Vallée des Chapieux - Savoie

Sciences de la terre

Compte-rendu de Michel Béreyziat

Représentant 1/3 des participants à cette sortie, les « caillouteux » avaient largement de quoi s’occuper cette année, avec 3 secteurs à visiter.

SAMEDI : 1/. au Cormet d’Arêches, en se promenant sur les crêtes environnantes, les oxydes et carbonates de fer peuvent être abondants en certains endroits, le plus souvent massifs.

  • On observe quelques petites fissures donnant des cristaux d’hématite en lamelles distinctes.
  • MINERAUX :
  • QUARTZ : Tab en filons massifs blancs, quelques pointes dans les fissures
  • HEMATITE : Tab massive, prise dans le quartz, parfois de petits cristaux dans les fissures
  • SIDERITE : Ab avec le quartz et l’hématite, de couleur brune, souvent très altérée
  • LIMONITE : Ab recouvrant et remplaçant certains minéraux

2/. à la descente, en direction du lac de Saint Guérin, un éboulis, de chaque côté du chemin, donne aussi les mêmes minéraux, mais dans des proportions différentes.

  • SIDERITE : Ab brune, en cristaux plus ou moins bien formés
  • QUARTZ : F quelques petits cristaux
  • ALBITE : F en petits placages avec la sidérite
  • FERRO-ACTINOLITE : R en petites gerbes et paillettes vert sombre à noir, disséminées dans les marbres, abondants sur le site, donnant de très bons micros.

3/. en fin d’après-midi, une visite des cônes d’éboulis, à proximité du Pont Saint Antoine, dans la vallée des Chapieux, nous permet d’échantillonner divers minéraux.

  • QUARTZ : F en petits placages ; cristaux centimétriques
  • CALCITE : Ab en association avec le quartz
  • PYRITE : F en dodécaèdres, souvent centimétriques, mais généralement oxydés en surface
  • CHALCOPYRITE : R en petits cristaux millimétriques
  • CARBONATES de CUIVRE : quelques traces aux contours de la chalcopyrite

DIMANCHE : c’est la vallée des Glaciers que nous visitons, et principalement, les éboulis de la Grande Ecaille, de part et d’autre du Rau des Lanchettes. Ce site a donné de belles pièces depuis que nous le visitons – 26 ans en ce qui concerne mon frère et moi. Nous y trouvons :

  • QUARTZ : Tab hyalin et chloriteux, de toutes tailles dans les fours et en placages, fréquent en peigne et parfois avec âme
  • ALBITE : F en cristaux souvent limpides, parfois centimétriques
  • ADULAIRE : F dépassant parfois le centimètre ; blancs et très brillants, les groupes de cristaux sont souvent recouverts par des chlorites.
  • CALCITE : F associée au quartz
  • PYRITE : F de petite taille et oxydées en surface
  • ANATASE : Ab en petits cristaux inférieurs au centimètre, mais très brillants, de couleur bleue ou jaune, fréquemment recouverts de chlorites
  • BROOKITE : R elles peuvent atteindre le centimètre et sont d’un brun orangé aux reflets éclatants ; on les trouve avec les anatases
  • RUTILE : R en petites aiguilles dorées traversant parfois les anatases
  • CHLORITES : Tab RIPIDOLITE ou CLINOCHLORE - elles tapissent les géodes et les fissures, recouvrant les autres minéraux, rongeant les quartz extérieurement ; ils sont du plus bel effet lorsqu’elles y sont emprisonnées. Autres MINERAUX signalés : GALENE, BARYNITE, APATITE, ILMENITE, MONAZITE, ARAGONITE, etc.

Une journée trop vite passée ; une descente beaucoup plus calme que la montée, certains sacs étant un peu lourds. Reste maintenant le long mais très excitant travail du nettoyage et de la détermination des minéraux.

  • A vos binos !

N.B. : la liste des minéraux des sites visités est, pour certains, beaucoup plus importante. Je me suis contenté de ne citer que les principaux rencontrés et formellement déterminés.

Répartition des minéraux trouvés lors de la sortie :

    • Tab : très abondants
    • Ab : abondants
    • F : fréquents
    • R : rares
    • Tr : très rares

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